Contre-amiral Lucien Lacaze - Ministre de la Marine 1915-1917

Publié le 5 Mai 2017 à 09:42

© ALBERT MOREAU/ECPAD/DEFENSE/SPA 137M2861 - L'amiral Lacaze et l'amiral de Bon (chef d'état-major de la marine) au ministère des affaires étrangères

Son parcours

© DR

1877 : Entrée à l’École navale.

1884 : Commandant de la compagnie de débarquement du Beautemps-Beaupré à Madagascar.

1901 : Commandant du croiseur Chasseloup-Laubat.

1904-1905 : Commandant du Du Chayla et du Châteaurenault.

1905 : Attaché naval à Rome.

1911 : Il devient contre-amiral.

1915 : Il est nommé ministre de la Marine.

1917 : Il devient préfet maritime de Toulon.

1936 : Membre de l’Académie française.

 

© SHD/MV2 COLL 1-12 - Croiseur rapide Châteaurenault

Meilleurs souvenirs

Le succès de sa lutte anti-sous-marine

En 1917, les Allemands prennent du terrain, notamment grâce aux efforts mis dans la guerre sous-marine. Les chiffres sont éloquents quant à leur domination : les pertes dues à ces attaques s’élèvent à 830 000 tonnes. Lors de sa prise de fonction de ministre de la Marine, l’amiral Lacaze fait de la lutte ASM une priorité. Les résultats sont là : à partir de l’automne 1917, les pertes chutent à 300 000 tonnes en moyenne, entraînant ainsi une réduction du nombre de morts français et alliés. L’Allemagne est contrainte de relâcher l’étreinte. Ce revirement de situation permettra aux Alliés de dominer ensuite sur terre. 

©MN - Croiseur Chasseloup-Laubat 

Focus

Ministre de la Marine

L’amiral Lacaze est ministre de la Marine de 1915 à 1917. Pendant cette période, il prend la responsabilité des attaques allemandes, essuyant ainsi de nombreuses critiques malgré une pensée stratégique forte et élaborée, dont découlera une Direction générale de la lutte anti-sous-marine.

Sa stratégie réside en plusieurs points : l’implication des chalutiers pour multiplier les petites unités anti-submersibles, l’armement de navires marchands, le développement du rôle de l’aviation et l’organisation de convois dans le cadre d’une coopération interalliée organisée. Cette dernière concernera notamment la collaboration des flottes franco- anglaises. Il fait également de la rénovation du matériel et des navires une priorité en insistant sur la reprise des constructions neuves, à l’arrêt depuis 1914. Afin de faire connaître son combat et celui de tous les marins à une époque où l’attention de l’opinion est focalisée sur les batailles terrestres, il crée en 1915 le Service cinématographique de la Marine.

© MN

Marie Lucien Lacaze est né en 1860 dans l’Oise, mais vécut à La Réunion durant toute son enfance. De retour en métropole à l’âge de 12 ans, il entre à l’École navale, alors embarquée à bord du Borda (ex-Valmy), en 1877. En 1879, il devient enseigne de vaisseau de 2e classe. Son dévouement est alors déjà manifeste : il sauve l’un de ses camarades de la noyade lors d’un exercice en mer et obtient pour cela une médaille, la première d’une longue série. 

Dès sa sortie de l’école, il prend part à plusieurs campagnes en Tunisie, au Sénégal, à Madagascar et au Tonkin, participant ainsi activement à l’expansion coloniale de la IIIe République. Promu capitaine de frégate en 1899, puis capitaine de vaisseau en 1906, il commande plusieurs fois à la mer. Il servira également au sein d’états-majors et comme attaché naval à Rome. En 1911, il est nommé contre-amiral. 

Si la lucidité de l’amiral Lacaze durant la Grande Guerre est aujourd’hui reconnue notamment pour son implication active dans la lutte anti-sous-marine et les stratégies qu’il y a développées, ce ne fut pas toujours le cas. Controversé par l’opposition en raison du manque de résultats immédiats et pour faire partie de gouvernements faibles, il essuya de nombreuses critiques. Il donna sa démission du poste de ministre de la Marine en août 1917, lassé des critiques et refusant de subir une commission d’enquête sur la marine de guerre.

Homme de lettres, il est nommé en 1935 à l’Académie des Beaux-Arts et, un an plus tard, à l’unanimité, à l’Académie française. Grand-Croix de la Légion d’honneur, décoré de la Médaille militaire, officier des Palmes académiques, président du Conservatoire national des Arts et Métiers jusqu’à sa mort, membre de l’Académie de Marine, des Sciences coloniales, il fut également ministre de la Guerre. Lucien Lacaze fait partie de ces hommes qui ont non seulement marqué l’année 1917, mais plus encore la France. 

Aspirant Coralie Araminthe

 

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