Stage PLB : une corde en plus à son masque !

Publié le 12 Mars 2014 à 14:07

© PM Laëtitia Rapuzzi / Marine nationale

Les plongeurs de bord (PLB) sont des marins de spécialité et de grade différents. En plus de leur fonction principale, ces officiers, officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins de la flotte effectuent sur les bâtiments de la Marine l’ensemble des missions dédiées aux plongeurs de bord : visite de coque, intervention en cas de sinistre et missions de sauvetage d’homme à la mer. Pour cette formation sous-marine, la sélection des candidats est rigoureuse. Chaque année, près de 150 marins suivent le stage plongeur de bord et 120 d’entre eux obtiennent le certificat. Depuis janvier 2014, la constitution de dossier pour se porter candidat pour le stage PLB est simplifiée. Tentez votre chance pour vous rapprocher un peu plus de la mer. 

Le stage PLB forme le personnel des trois armées et de la gendarmerie maritime à la plongée à l’air jusqu’à 35 mètres. Organisé six fois par an à l’école de plongée basée à Saint-Mandrier, ce stage de cinq semaines s’achève, pour les candidats qui l’ont réussi, par l’obtention d’un certificat. Dans la Marine, le certificat PLB est la première étape indispensable dans le cursus de formation plus long et spécifique des plongeurs-démineurs, des nageurs de combat et des plongeurs d’hélicoptères.

Un défi permanent… chaque jour, une petite victoire !

Depuis janvier dernier, les tests de présélection obligatoires tels que le palier VAMEVAL minimal et la réussite aux épreuves aquatiques dans un groupement de plongeurs-démineurs (GPD) sont supprimés. Si ces procédures de présélection disparaissent, les objectifs du stage restent inchangés. Le second-maître Landais, DETEC sur la frégate antiaérienne (FAA) Jean-Bart était en stage du 6 janvier au 7 février dernier. Ce passionné d’apnée et de plongée sous-marine confie : « la première semaine de stage se concentre principalement sur l’évaluation physique des candidats. Rythmée par des périodes de natation, de tests d’aisance aquatique en mer et de course à pied … cette semaine demande aux élèves de donner le meilleur d’eux-mêmes et permet aux instructeurs d’identifier rapidement les faiblesses des candidats. Dans le courant de cette première semaine, un stagiaire  a abandonné la formation et deux autres se sont révélés inaptes à la plongée. Chaque jour, il a fallu s’accrocher pour rester. Le stage était évidemment éprouvant physiquement, mais pour moi l’obtention de ce certificat représentait un enjeu majeur : cela apportait une corde en plus à mon arc, me donnait plus de possibilités de carrière et augmentait mes chances d’être affecté outre-mer». Des cours pratiques et théoriques sur le matériel, sur les contraintes physiologiques de la plongée, mais également sur la préparation technique, physique et mentale du plongeur sont enseignés aux élèves tout au long du stage. Aux yeux du SM Landais, l’activité déterminante de cette formation est la plongée d’évaluation et d’interprétation pratiquée à partir de la deuxième semaine. « Ces plongées évaluent la capacité des plongeurs à bien réagir face à un évènement inattendu. Pour tester cette capacité d’adaptation et d’interprétation de la situation, les plongeurs instructeurs simulent un malaise au fond de l’eau… cet exercice demande aux plongeurs de mettre en pratique et de respecter toutes les techniques de remontée en sécurité à la surface apprises pendant le stage. Les semaines suivantes, ces plongées sont répétées dans des eaux de plus en plus profondes… d’abord 15 mètres, puis 30 et enfin 35… de nouveaux facteurs externes sont à prendre en compte. C’est là que se trouve toute la difficulté : il faut constamment s’adapter au milieu dans lequel on évolue ! » conclut le SM Landais. Lors de la dernière semaine de stage, les instructeurs forment les élèves aux travaux sous-marins et aux opérations sous coque. Cette diversité de cours apporte aux élèves une formation de qualité nécessaire à la réussite et à la bonne conduite de leurs futures missions.

Un stage de qualité.

L’enseigne de vaisseau Gauthier Chaperon, actuellement affecté sur la frégate anti-sous-marine Dupleix est certifié plongeur de bord depuis mai 2011. C’est son affectation sur le bâtiment de transport léger (Batral) Dumont d’Urville, qui l’a poussé à se porter candidat pour le stage PLB. « Sur ce type de bâtiment, les missions en tant que plongeur de bord sont variées. Quand j’étais affecté sur le Dumont d’Urville, nous effectuions principalement des plongées de reconnaissance de plage. Avant un plageage par exemple, nous devions vérifier qu’il y ait suffisamment de fond et qu’aucune obstruction n’empêchait l’accès du Batral à la plage pour le débarquement des hommes et de matériel. Sur le Dupleix, nous avons un entraînement régulier pour maintenir notre niveau, nous effectuons également des visites de coque et pouvons être amenés à poser des plaques magnétiques pour lutter contre des voies d’eau » raconte l’EV1 Chaperon. Aujourd’hui, adjoint au chef de service lutte anti-sous-marine et plongeur de bord sur le Dupleix, l’EV Chaperon encourage les marins motivés à suivre le stage plongeur de bord : « c’est un stage très bien fait. En 5 semaines seulement, les élèves atteignent un niveau de formation qui leur permet de remplir toutes les missions qu’ils devront assurer en tant que plongeurs de bord. »

Alors, comment s’y préparer ?

Le SM Rémy X, commis sur le sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE) Vigilant est actuellement candidat au stage PLB. Il nous explique les raisons de son inscription au stage PLB : « suivre la formation plongeur de bord, c’est découvrir une nouvelle spécialité assez éloignée de mon métier et de mon quotidien. L’obtention du certificat pourrait contribuer à l’enrichissement de mon parcours dans la Marine ». La diversité des activités sportives permet aux futurs candidats d’acquérir ou de maintenir une bonne condition physique indispensable à l’obtention du certificat.  « On ne peut pas être mieux conseillé que par ceux qui pratiquent le métier. Pour mettre le maximum de chances de mon côté, j’ai sollicité les plongeurs de bord du Vigilant. Après avoir défini avec eux un programme de préparation en phase avec le stage PLB, je me suis lancé : courses à pied, longues sorties à vélo, séances de palmage en pleine mer, exercices d’aisance aquatique… Pendant les séances d’entraînement, il fallait éviter de s’épuiser ! L’essentiel était de rester régulier et constant dans l’effort ! » conclut le SM Rémy X. La motivation, la rigueur dans la préparation et le travail sont les clés de la réussite du stage.

Le mot du directeur de cours

Contrairement aux idées reçues, le stage PLB n’est pas uniquement fondé sur les capacités physiques des candidats. Il est tout d’abord destiné à former des marins qui plongent en sécurité, dans toutes les circonstances. C’est pourquoi il est bien sûr impératif que les stagiaires soient en forme et aient le goût de l’effort. Toutefois, la pédagogie de la plongée a favorablement évolué et la formation est aujourd’hui essentiellement axée sur la technique, la rigueur et le respect des réglementations. Les instructeurs mettent tout en œuvre pour former un maximum d’élèves, dans le respect des objectifs à atteindre pour être PLB.

INFOGRAPHIE : Nouveau processus de constitution des dossiers de candidatures

1/ Les marins qui souhaitent se porter candidat au stage PLB doivent transmettre un message de candidature et leur dossier par voie électronique à l’école de plongée (ecoplongee.plb-candidature.fct@intradef.gouv.fr).

2/ Visite médicale. Le RDV est pris de manière autonome : pas de « délai-type », puisque dépendant de la dispo de l’intéressé et du SMHEP. Peut varier d’une semaine à deux mois…

3/ Le service de médecine hyperbare et expertise plongée (SMHEP) transmet à l’école de plongée immédiatement après la visite les certificats d’aptitude initiale des marins qui se portent candidats ;
- Six semaines avant le début du stage, l’ECOPLONG adresse à la direction du personnel militaire de la Marine (DPMM) une proposition de sélection des candidats.

4/ Publication de la liste d’admission, 2 à 4 semaines plus tard.

Retrouvez tous les contacts et les détails utiles de la nouvelle procédure sur Intramar / Portail RH / Formation et écoles / Actualités.

Préparez-vous !

- Pour en savoir plus sur le programme de formation et pour connaître le contenu du cours PLB, consultez le site Trait d’union disponible sur Intramar/Portail RH.

- Pour tester et améliorer votre aisance aquatique, rapprochez-vous du centre EPMS de votre arrondissement maritime qui saura vous conseiller et vous fournir un entraînement adapté.

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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